Journal à quatre mains

Lundi 17h45

Lundi 20 Novembre 2006 à 18h05

Je sais. Je te vois.
Tu sors de ton bureau.
Seul.
Tu marches sur le trottoir.
Seul.
Tu es dans le metro, puis dans le train, seul.
Puis tu remontes l'avenue, pardessus sombre, cartable à la main, seul.
Tu ouvres la porte de l'appartement que la nuit a envahi.
Tu allumes. Tu poses ton cartable, ôte ton pardessus.
L'appartement est vide. Froid.
Alors, tu vois le chocolat que nous mangions hier; sur la table, peut-être la boite du film, que nous avons regardé, côte à côte.
Sur l'égouttoir, dans la cuisine, nos deux assiettes, nos deux verres.
La bouteille d'eau minérale que tu avais achetée que pour moi.
Dans la salle de bains, il y aura l'odeur de mon parfum, que tu aimes.
Tu vas avoir du mal à ouvrir la porte de la chambre.
Parce que là, il y aura encore nous, enlacés...tout te le dira, les draps chiffonnés, les oreillers rapprochés, l'odeur de la nuit...tout sera là comme nous l'avons laissé, ce matin, en partant tous les deux, les corps encore chauds l'un de l'autre...

Où suis-je pour n'être pas avec toi?